Selon « Le Rotarien », alors que le nombre de Rotariens d'Italie est passé de 31 000 à 42 000 ces derniers douze ans, la Zone 11 (La France) stagne. Pourquoi ? Un grand danger nous guette, y compris dans notre District, l'oubli des principes même du Rotary !
Un Club Rotarien doit être représentatif du meilleur de la Société. Pourtant des Clubs renoncent et se laissent aller. Ils ne réagissent pas contre la tendance naturelle au vieillissement, à la sous représentation de certaines professions. Ils oublient la féminisation des milieux professionnels. Tournés vers le passé, ils voudraient que rien ne change, alors que le Rotary, né il y a plus de 100 ans, a constamment changé pour évoluer avec son temps. Le Rotary fait de la diversité des classifications, du mélange des générations, des cultures et des philosophies, de la mixité, une richesse et un moteur.
Toute tradition se construit au jour le jour par la prise en compte progressive de tout ce qui change et en portant un regard attentif et bienveillant sur demain, qui sera l'aujourd'hui de nos enfants. Respecter le passé, c'est aussi se tourner vers l'avenir pour le construire avec confiance. Les Clubs les plus actifs, les plus efficaces, les plus généreux sont ceux qui se renforcent constamment par l'arrivée de nouveaux membres, en prise directe avec la Société. Qui n'avance pas, recule.
Actuellement, après avoir rencontré 24 jeunes gens au Ryla très réussi d'Andorre, je visite nos 5 Clubs Rotaract du District. C'est un vrai plaisir de voir la motivation de ces jeunes professionnels et étudiants, de les féliciter pour leurs actions, de les encourager à recruter. Mais je ne peux m'empêcher de regretter qu'ils ne soient pas plus nombreux (il y a en France, selon le Rotarien, 7 fois moins de Rotaractiens qu'en Italie). C'est pourtant un programme du Rotary. Aurions-nous perdu le contact avec les jeunes générations ? Avec la même proportion qu'en Italie, nous devrions compter 35 Clubs Rotaract dans le District, soit un par département et une dizaine à Toulouse et Montpellier.
Par ailleurs, qu'est-il inscrit sur nos insignes Rotariens ? Le Rotary est, évidemment « International » ! Pourtant quelques Clubs peuvent avoir tendance à n'agir qu'au niveau local, oubliant la dimension régionale, nationale et internationale du Rotary, qui existe dans plus de 170 Pays, oubliant même nôtre Fondation ! « Le Rotary, un partage » doit naturellement nous amener à « servir » ceux qui sont dans le besoin, les malades, les personnes âgées, les démunies, les jeunes, où qu'ils soient. Les émeutes de la faim, de nouveau dans l'actualité, nous ne pouvons les oublier si nous nous voulons rester fidèles aux valeurs et objectifs du Rotary. N'oublions pas que « l'humanitaire » est tout simplement « humain ». Donner, c'est recevoir.
Quant à la Fondation, au 31 Mars 2008, nos contributions se sont heureusement accrues de 40%, par rapport à l'an passé à la même date ! Je remercie bien vivement beaucoup de Clubs d'avoir répondu aux appels du District et de tenir ainsi les promesses faites en début d'année. Je demande à tous les Clubs de faire de même, dès maintenant, et je demande, avec insistance et espoir, à la vingtaine de Clubs qui n'ont encore rien versés, de rejoindre les autres pour que nous atteignons les objectifs que nous nous sommes fixés. Les comptes de la Fondation sont clairs, ils figurent dans le Rotarien. Chacun peut en prendre connaissance.
Est-ce conforme à la vérité ? Est-ce loyal de part et d'autres ? Est-ce susceptible de stimuler la bonne volonté réciproque et de créer des relations amicales ? Est-ce bénéfique à tous les intéressés ? Telles sont nos règles. Le Rotary est une éthique. Il nous pousse à nous élever, à mieux faire, à ne pas écouter les sirènes du repliement sur soi, celles de l'égoïsme, de l'inaction, du renoncement, à être exigeant et à respecter, en toutes circonstances, le critère des quatre questions. On ne construit rien de grand si l'on demeure exclusivement tourné vers un passé révolu; seul l'avenir, qui est dans « Le Rotary, un Partage », est important.
« Il faut savoir ce que l'on veut, il faut ensuite le courage de le dire, il faut enfin l'énergie de le faire ! » disait Georges Clémenceau.
André Marty. Gouverneur D 1700
| La Lettre du Gouverneur n°10 - mai 2008 | |
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